Hamedân

 
 

Hamedân est l’une des villes les plus anciennes de l’histoire de l’humanité. Son nom, Hamadaneh ou Amadi, fut mentionné pour la première fois dans les inscriptions appartenant au roi assyrien Teglath-Phalasar Ier qui régna d’Assyrie à la Méditerranée et sur les rives de la mer Noire de 1114 à 1076 av. J.-C. Durant le 1er millénaire av. J.-C., elle fut la capitale de la dynastie des Mèdes qui auraient occupé tous les territoires recouvrant le Nord-Ouest de l’actuel Iran jusqu’aux monts Zagros. Elle était alors connue sous le nom d’Ecbatane. Bien que la ville ait occupé une place importance dans l’histoire du Moyen-Orient, la majorité des sources la concernant proviennent de l’extérieur, notamment des documents assyriens, babyloniens et grecs. Par ailleurs, son emplacement avantageux en faisait la capitale estivale des rois achéménides et arsacides.

Au cours de sa longue histoire, elle fut connue sous divers noms dans les inscriptions assyriennes datant de 3000 ans, comme nous l’avons noté, Amadaneh ou Amadi. Quant à celui de Hegmataneh, qui est composé de deux vocables Hang (lieu) et Mata (réunion), il laisse entendre que la ville était une sorte de lieu de réunion où étaient débattues les questions politiques ou stratégiques de haute importance. A l’époque des Séleucides, on la surnomma Epiphania en l’honneur du roi Séleucide Antiochos IV Épiphane (l’Illustre), fils d’Antiochos III le Grand qui gouverna entre 175 et 164 av. J.-C. Elle apparait également à plusieurs reprises dans la Thora comme Acmatha qui veut dire « ville de l’amitié », car les rois y passaient leurs étés à festoyer dans la joie. On retrouve enfin des traces la concernant dans les écrits Mèdes en tant qu’Aksaya, qui laisse également deviner qu’elle appartenait aux prédécesseurs des Mèdes, c’est-à-dire aux Kassites qui y habitaient bien avant et dont le nom apparait dans les sources babyloniennes dans le courant du XVIIIe siècle av. J.-C. Finalement, le nom qui est resté et qui représente le mieux cette ville est celui de Hamedân, de la racine Ham (solidarité) et Dan (capacité).

Dans les documents mèdes, on lit que cette ville fut fondée par Deioces, fondateur également de la dynastie, afin d’établir un centre politico-administratif en vue du maintien de l’équilibre intérieur du pays. En ce qui concerne l’emplacement exact de la ville, certains croient que l’actuel Hamedân n’est pas celle dont on parle sous le nom d’Amadi ou d’Amadaneh dans les inscriptions de Tiglath-Phalasar Ier, et que les précisions apportées par l’historien grec du Ve siècle av. J.-C. Hérodote ne correspondent pas à l’actuelle ville. Polybe, homme d’Etat, également historien et théoricien grec du IIe siècle av. J.-C., décrit ainsi (sans ne l’avoir jamais vue) Hegmataneh : « Au pied de la montagne Damâvand se trouve la ville de Hegmataneh avec ses forts incroyables. Le palais du roi est situé à l’intérieur. La boiserie du palais est recouverte d’or et les portes et les colonnes sont décorées de milliers de gravures et de peintures. On n’y trouve pas un seul mur sans ornementation, et même les carreaux utilisés dans les endroits les plus communs du palais sont couverts de vernis et d’or. »