Tabriz

 
 

Capitale de la province de l’Azerbaïdjan oriental. Dotée d’un riche passé historique, elle est actuellement devenue une ville industrielle et universitaire. On y parle surtout l’azéri, un dialecte turc mêlé de mots persans. On ignore la date exacte de la fondation de la ville, mais nous savons qu’elle existait dès l’époque sassanide (IIIe – VIIe s.). Son histoire récente remonte à la conquête arabe et elle s’est développée en particulier à partir du IXe siècle sur ordre de l’une des épouses du calife abbasside Hâroun al-Rashid.

Selon l’historien persan Ibn Miskawayh, les Tabrizis avaient la réputation d’être des gens aisés, ainsi que de redoutables commerçants. Le commerce à Tabriz était florissant. Au XIIIe siècle, la ville fut choisie comme capitale par le mongol Ghâzân Khân. Celui-ci y fit construire d’importants monuments. La ville devint alors un centre commercial, fréquenté par des marchands européens, surtout italiens, qui en firent un relais pour leurs affaires en Asie. Sous les Timourides, cette ville perdit son importance, puis redevint la capitale des Turcomans du Mouton noir, dont l’un des souverains fit construire la Mosquée Bleue (XVe siècle). Elle fut aussi la première capitale des Safavides. Les guerres entre les Ottomans et les Safavides poussèrent plus tard ces derniers à transférer leur capitale à Qazvin, puis à Ispahan. Au XVIe siècle, Tabriz fut plusieurs fois occupée par les Ottomans, qui pillèrent les ressources et les richesses matérielles et immatérielles de cette ville. Par exemple, ils déportèrent de force à Istanbul des artistes qui exportèrent en Turquie la culture persane et favorisèrent l’âge d’or de l’art ottoman. Jusqu’au XVIIIe siècle et malgré un traité de paix signé en 1639, la ville continua d’être la proie du conflit intermittent entre la Perse et les Turcs.